Archive for septembre, 2007

Petit à petit, le métro devient aussi nocturne

Lundi, septembre 24th, 2007

A partir de la mi-décembre, les usagers pourront, le vendredi soir, emprunter le métro parisien jusqu’à 2 h 15, au lieu de 1 h 15 actuellement. La RATP avait déjà, en décembre 2006, allongé d’une heure la durée du trafic le samedi soir et les veilles de fête. Des lignes supplémentaires de bus nocturnes avaient aussi été mises en place.La Ville de Paris espère ainsi répondre aux attentes des habitants et des visiteurs, de plus en plus nombreux à utiliser les transports en soirée et la nuit. Selon une étude publiée par la municipalité en 2006, “près d’un actif sur deux domicilié dans Paris travaille, au moins certains soirs, entre 20 heures et minuit, et plus d’un dixième entre minuit et 5 heures”. “Autrefois, la nuit, c’était seulement la fête et les boîtes de nuit. Aujourd’hui, on voit émerger une économie nocturne à laquelle beaucoup de salariés participent”, constate Jean-Bernard Bros, adjoint au tourisme. A terme, la municipalité souhaite que le métro fonctionne sans interruption, comme à New York ou, sur certaines lignes, à Berlin. La mesure est censée accompagner l’évolution des modes de vie. “Bientôt, les commerces ouvriront le dimanche, tandis que les piscines ou les bibliothèques accueilleront leur public tard dans la soirée”, précise M. Bros.Paris n’est pas la seule ville de France à adapter les horaires de ses transports au comportement des usagers. A Rennes, la construction d’une ligne de métro, en 2002, a profondément modifié l’utilisation des transports en commun. “Les bus étaient considérés comme un moyen de déplacement social, destiné aux personnes sans voiture, rappelle Noël Philippe, à Rennes Métropole, la collectivité responsable des transports. Or, nous constatons depuis l’ouverture du métro que la part des déplacements domicile-travail ou domicile-études a baissé, au profit des loisirs et des achats.”

STATU QUO À MARSEILLE

Dans la capitale bretonne, le traditionnel clivage quotidien entre heures creuses et heures de pointe n’est plus pertinent. La fréquentation a tendance à se répartir tout au long de la journée et à s’étendre en soirée. Les services techniques n’ont aucun mal à adapter la fréquence des rames de métro, un VAL sans conducteur, à cette nouvelle donne. “La souplesse du système permettrait même, en théorie, de changer la fréquence en cas d’événement imprévu en ville, comme une manifestation étudiante”, indique M. Philippe.

Toulouse a profité de la mise en service de sa deuxième ligne de métro, au début de l’été, pour réaménager l’ensemble des horaires. Le métro circule jusqu’à minuit du lundi au jeudi et jusqu’à 1 heure le week-end. Un réseau de bus de soirée dessert les lignes les plus fréquentées. Le schéma convient aux étudiants et aux jeunes actifs, de même qu’aux amateurs de bonnes bouteilles, au restaurant, qui, ayant délaissé leur véhicule, ne se les interdisent plus.

Seul le métro de Marseille continue à fermer ses portes à 21 heures en semaine, à la notable exception des soirs où l’OM se produit au Stade-Vélodrome. La Régie des transports estime que la circulation en soirée n’est pas rentable et les habitants ne s’aventurent de toute façon pas dans les couloirs du métro à une heure tardive. “Personne n’a envie de voyager seul dans un métro désert”, reconnaît Renaud Muselier, premier adjoint à la mairie de la cité phocéenne. L’élu espère que l’ouverture récente de la ligne de tramway, qui circule jusqu’à minuit et demi, finira par “apporter des clients au métro”.

Olivier Razemon

Intervention de Christiane Taubira dans le débat sur la loi Hortefeux

Mercredi, septembre 19th, 2007

Séance du mardi 18 septembre 2007

Après dix-sept textes, dont quatorze ces cinq dernières années, relatifs à l’entrée et au séjour des étrangers, au droit d’asile, au code de la nationalité, à la validation des mariages, à l’emploi de certaines catégories d’étrangers – autant d’obsessions qui produisent des lois aussi bavardes qu’inefficaces – que pourrait-il nous rester à vous dire, Monsieur le ministre – si du moins l’on débattait de bonne foi ?

Cette majorité, fascinée par les tests scientifiques, les manipule comme le feraient des auteurs de bandes dessinées, ou des apprentis sorciers ignorants de la bioéthique. Il faut dire que le Président de la République, lorsqu’il était candidat, avait provoqué une première secousse par ses déclarations sur la prédestination au suicide et à la pédocriminalité !

Sous prétexte d’encadrer, en fait d’enserrer, le regroupement familial et malgré de pathétiques déclarations de bienveillance, vous ajoutez de nouvelles mesures de police en lieu et place des mesures de cohésion culturelle et sociale qui ramèneraient la présence de quelques dizaines de milliers d’immigrés à sa juste mesure.

Ce gouvernement a conservé l’habileté d’habillage du précédent, qui présentait le CPE dans une loi pour l’égalité des chances, la violation du secret médical, et dans une loi sur la prévention, une tentative d’enrôler les travailleurs sociaux comme auxiliaires des policiers et délateurs ! Nous avons eu aussi la loi contre la récidive, avec des peines plancher, concept antidémocratique emprunté à un pays qui avait criminalisé la pauvreté, la couleur et l’engagement militant, et en était revenu. Vous pratiquez ainsi le « haut travesti » sémantique comme d‘autres la haute couture (Exclamations sur les bancs du groupe UMP). Vous essayez de faire croire que la souveraineté de la France est en jeu pour banaliser l’hérésie politique et l’indigence éthique que représente ce ministère de confusion, d’imposture et d’inhospitalité (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche ; exclamations sur les bancs du groupe UMP). Quant aux mesures honorables que comporte ce texte, elles sont imposées par la Cour européenne des droits de l’homme.

Il serait facile d’ironiser si le texte s’y prêtait. S’il suffisait d’un stage de deux mois sur les valeurs de la République pour assurer l’égalité entre les hommes et les femmes, nous serions débarrassés depuis longtemps des violences conjugales qui frappent des femmes dont le conjoint a parfois fréquenté vingt ans les écoles de la République, voire les grandes écoles ! (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche) Et il n’y aurait pas besoin de ces lois qui ne réussissent pas à supprimer l’écart de 27 % entre les salaires des hommes et des femmes…

Il faut avoir bien peu de considération pour les leçons de l’histoire pour croire comme vous en la force des murs. Les hommes partiront tant que n’auront pas disparu les causes qui les mettent en mouvement : la pauvreté, les inégalités, la fragmentation des territoires en fiefs que les transnationales préfèrent à des États souverains.

Croyez-vous faire peur à certains ? Vous vous trompez. La détresse, la nécessité de survivre, l’amour tout simplement leur donneront toujours une ruse d’avance sur vous. En revanche, vous créez des périls pour la France, en laquelle vous semblez avoir une confiance très modérée.

Dans les outremers, la situation est très différente, et nous avons d’autant plus de mérite de ne piétiner ni nos principes ni notre éthique. Nous gardons en mémoire la diversité de nos origines, amérindiennes, africaines, européennes, asiatiques, et nous savons que c’est la confiance en la vie et la sagesse des hommes qui ont produit nos société créoles qui concilient des identités diverses, des traits sociaux caribéens, ou amazoniens dans mon cas, une éducation et des institutions françaises, une relation privilégiée à l’Europe.

En Guyane, l’esbroufe n’est plus de mise. Dites-nous donc combien d’adolescents, scolarisés depuis plusieurs années, ne peuvent se présenter aux examens. Combien d’expulsés le sont deux fois, trois fois la même année ? Combien pèsent sur les budgets publics des mises en scène comme les descentes sur les chantiers d’orpaillage après que les trois quarts des clandestins se sont évanouis dans la nature ? Qui évalue les effets dévastateurs des contrôles en mer au cours desquels la marine nationale finit par être intimidée par des bateaux de pêche fraudeurs ? Ces démonstrations musclées sont en contradiction avec la construction d’un pont sur le fleuve Oyapok. Qui en paiera le prix ?

Renoncez à ces moeurs tapageuses et ridicules. Une question de cette ampleur ne relève pas de vous, Monsieur le ministre. Il faut la confier au ministère des affaires étrangères. Ce dont le monde a besoin, c’est de dialogue et de coopération, non de ces déclarations récurrentes d’hostilité qui sèment le ressentiment. « L’univers rétréci, tel est la menace », écrivait Victor Segalen, et Léopold Sedar Senghor implorait : « Seigneur, pardonne à la France qui dit la voie droite, mais chemine par des sentiers obliques » (Applaudissements prolongés bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine).

Paris: Les listes Delanoë à 47% au 1er tour des municipales

Jeudi, septembre 13th, 2007

PARIS (AFP) — Les listes du maire de Paris Bertrand Delanoë (PS) recueilleraient 47% au premier tour des élections municipales de mars prochain dans la capitale, contre 33% à celles de l’UMP emmenées par Françoise de Panafieu, selon un sondage Ifop pour Paris-Match.

Interrogés sur leur choix s’ils devaient voter dimanche prochain, 47% des Parisiens indiquent qu’ils voteraient pour “les listes PS-PCF-PRG soutenues par Bertrand Delanoë”. C’est 11 points de plus que le score recueilli par les listes du maire de Paris en 2001.

Les listes UMP soutenues par François de Panafieu arriveraient en seconde position à 33%. Aucune des autres listes en présence n’atteindrait les 10% nécessaires pour se maintenir au second tour.

“Les listes de l’UDF-Modem soutenues par Marielle de Sarnez” qui arriveraient en 3e position avec 8%, devant “les listes des Verts soutenues par Denis Baupin” à 5%. Les listes du FN sont créditées de 4% et celles d’extrême-gauche de 3%. 2% ne se prononcent pas.

Selon le sondage, 58% des Parisiens souhaitent la victoire des listes soutenues par M. Delanoë et 39% celles des listes soutenues par Mme de Panafieu.

Le maire socialiste de la capitale bénéficie par ailleurs d’une forte cote de popularité avec 73% de bonnes opinions (contre 26% de mauvaises). Là encore, il devance très largement sa concurrente de l’UMP créditée de 55% de bonnes opinions (contre 40%). Celle-ci est même devancée par Bernard Debré, le trublion de la droite municipale (58% de bonnes opinions, contre 28%).

Mme de Sarnez est à 35% de bonnes opinions (contre 17%), mais elle souffre d’un déficit de notoriété, 40% des sondés affirmant ne pas la connaître.

Sondage réalisé par téléphone du 6 au 8 septembre auprès d’un échantillon de 804 personnes représentatif de la population parisienne âgée de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales (méthode des quotas). Notice détaillée disponible à la Commission des sondages.

Les quatre mousquetaires du centre

Jeudi, septembre 13th, 2007

Le centre n’est plus introuvable mais il est pluriel. Quatre mousquetaires le représentent. Le plus emblématique, François Bayrou, est aussi le plus faible. Ses 18,57 % au premier tour de l’élection présidentielle (soit 6,82 millions de voix), lui ont permis de marquer un essai qu’il n’a pas transformé. Son parti, le MoDem (Mouvement démocrate), n’a que quatre élus à l’Assemblée nationale.

François Sauvadet, député de la Côte-d’Or, est le chef de file du Nouveau Centre, qui regroupe les 21 élus qui ont lâché le candidat centriste pour rallier Nicolas Sarkozy, dont Hervé Morin et André Santini, ministres respectifs de la Défense et de la Fonction publique.

Les deux autres mousquetaires viennent de la famille radicale :  Jean-Louis Borloo, numéro deux du gouvernement, co-préside avec André Rossinot le Parti radical valoisien, Jean-Michel Baylet dirige le Parti radical de gauche (PRG). Les deux héritiers de l’ancien Parti radical, le plus vieux parti français, fondé en 1901 et qui a donné 31 chefs de gouvernement à la République, sont des frères ennemis.

La scission a eu lieu en 1972 quand Jean-Jacques Servan-Schreiber a ancré les valoisiens à droite. Séduite par le programme commun de gouvernement entre socialistes et communistes, l’aile gauche, emmenée par Robert Fabre, fondait, en décembre 1973, le  Mouvement des Radicaux de gauche (MRG), devenu PRG. Les frères séparés ont conservé le même Panthéon, de Gambetta à Mendès-France, mais ont suivi des chemins différents, l’un à droite, l’autre à gauche.

C’est pourtant une nouvelle donne qui va être au centre, le week-end prochain, des universités d’été des deux branches de la famille radicale, à Nancy pour les Valoisiens, à Ramatuelle pour le PRG. Au lendemain de l’élection présidentielle, Jean-Michel Baylet a prononcé l’acte de décès de l’union de la gauche et a tendu la main aux radicaux de l’autre rive, proposant un “dialogue” pouvant aboutir à une réunification du “vieux Parti radical”. Devant la tempête qui a secoué le landernau radical de gauche – le PRG était lié par un accord avec le PS pour les législatives –, il a fait marche arrière, avant de revenir à la charge.

Le PRG ne veut plus être “la petite aile droite de la gauche” et Jean-Louis Borloo rêve de “rassembler par-delà les clivages politiques traditionnels”. D’ici les municipales de mars 2008, il est peu probable que le paysage change. Les radicaux valoisiens, avec 16 députés, ont les deux pieds dans la majorité. Le PRG, dont les huit députés sont apparentés au groupe socialiste, joue la carte de l’alliance avec le PS pour les municipales. Les frères séparés brûlent de se retrouver. Mais les fiançailles risquent d’être longues.

Michel Noblecourt

BAYLET : ” Enfin une bonne initiative du PS”

Mardi, septembre 4th, 2007

JMB, dans la Dépêche du Midi de ce lundi 3 septembre, a réagit à la proposition de M. HOLLANDE proposant la création d’un comité de liaison de la gauche, qui pourrait être le prélude à des Assises de la gauche et des écologistes avant les municipales.

Le président du PRG a précisé que «naturellement, nous y répondrons de manière positive».

Delanoé candidat !

Mardi, septembre 4th, 2007

 Interview du Parisien daté du 4 septembre 2007

Serez-vous candidat à un nouveau mandat?
Oui.

Avez-vous hésité?
Ce n’est pas une décision qui va de soi, après un mandat qui aura duré sept ans. Donc j’ai bien réfléchi. Mais si j’ai décidé de m’engager à nouveau, c’est pour impulser une dynamique nouvelle. Mon projet consiste, avec les Parisiens, avec une équipe, à donner un temps d’avance à Paris.

C’est la « couleur » de votre prochain mandat ?
Quand j’ai été élu en 2001, Paris accusait de nombreux retards. Nous en avons comblé beaucoup, en commençant par restaurer le climat démocratique. Les faux électeurs, les emplois fictifs, le clientélisme, appartiennent au passé. C’était la condition pour remettre Paris en mouvement. Grâce aux Parisiens eux-mêmes, notre cité est à nouveau une ville solidaire qui innove, qui surprend, qui rayonne sur la scène internationale. Mais nous nous n’avons pas tout réussi, je veux donc aller plus loin. Ce « temps d’avance », c’est une ville qui ne subit pas l’avenir, mais qui se donne les moyens de l’écrire. La signature de Paris au XXIème siècle, ce doit être un modèle urbain qui met en harmonie performance sociale, économique, environnementale et culturelle.

Qu’est ce qui aurait pu vous faire renoncer?
Des choix personnels. J’aurai 58 ans l’an prochain et tout au long de ma vie, je me suis toujours remis en cause. Mais m’investir pour l’avenir de Paris a vraiment du sens. Si ma candidature est, bien sûr, soumise aux militants socialistes, c’est avec l’ensemble des Parisiens que je veux élaborer notre projet pour 2008-2014. Je souhaite d’ailleurs une campagne digne, sans attaques personnelles, mais concentrée sur le fond et les propositions, car c’est cela qui intéresse les citoyens.

Bâtirez-vous votre campagne autour de votre bilan?
D’abord, même si par respect pour les Parisiens, je ne souhaitais pas attendre pour rendre publique ma décision, l’actuel mandat est loin d’être terminé. J’ai donc bien l’intention d’assumer mes fonctions jusqu’au bout, avec la même volonté d’innovation et de résultats. Je m’engage pour l’avenir de Paris. Mon équipe et moi-même portons un regard exigeant sur l’action que nous menons. Depuis six ans, Paris a connu une dynamique sans précédent. J’entends que la dynamique 2008-2014 soit encore plus forte, plus collective.

Avec quels alliés partirez-vous?
La nouvelle équipe devra mêler expérience et renouvellement, dans l’ouverture, non pas politicienne, mais à la richesse de Paris. Richesse des origines, des générations, des cultures, des expériences économiques, sociales, démocratiques, culturelles, sportives… Nos listes devront refléter cette diversité, en intégrant aussi des candidats européens, qui sont des Parisiens à part entière. Avec sa double nationalité, française et espagnole, Anne Hidalgo, ma première adjointe, symbolise très bien ce formidable atout, et au-delà, l’identité de l’équipe municipale.

Les Verts auront-ils autant de place qu’aujourd’hui?
Toutes les composantes de la majorité ont apporté quelque chose et contribué, même imparfaitement, à la dynamique de Paris. Je veux saluer leur travail. Mais soyons honnêtes. Il y a eu parfois des désaccords et des comportements qui s’apparentaient à de la surenchère. Les Parisiens seront juges. Par leur vote au premier tour, c’est à eux de déterminer la représentativité de chacun à l’avenir.

Au second tour, sur quelles bases le rassemblement s’opèrera-t-il?
Les alliances n’ont de sens que par rapport à un projet, à une vision d’avenir. Je souhaite donc que les électeurs soient traités avec une totale loyauté.

Cela veut dire quoi ?
Les uns et les autres devront dire dès avant le premier tour - la remarque vaut pour les Verts comme pour le Modem - ce qu’ils ont l’intention de faire au second. Je ne veux pas d’arrangements politiciens qui, même avec les meilleures intentions du monde, équivalent à des compromissions. Le paysage du second tour devra donc être connu avant le premier.

Vous sentez vous «Modem-compatible» ?
Nous soumettrons aux Parisiens un projet progressiste, novateur, ambitieux. C’est ce projet qui déterminera les alliances futures. Mais que veulent les élus du Modem? Aujourd’hui, au Conseil de Paris, ils ont souvent des votes disparates. Sont-ils pour le développement de l’emploi à Paris, oui ou non ? Pour de nouveaux parkings résidentiels en centre-ville, oui ou non? Pour la construction d’un stade de rugby, oui ou non?

Ils ressemblent aux Verts!
Et pour cause puisque certains sont passés des Verts au Modem! Moi, je n’ai aucun goût pour les jeux politiciens, mais pour les idées et la clarté devant les électeurs. Donc, à chacun de se déterminer par rapport au projet. En Italie, le centre a bien choisi la gauche contre la droite. Pour ma part, je m’adresse à tous les Parisiens. Et s’il y a des électeurs de droite d’accord avec nos ambitions pour Paris, s’il y en a même qui ont voté Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle et qui croient à la dynamique que je propose, ils sont les bienvenus!

Comment, dans cette campagne, allez-vous donner la parole aux Parisiens puisque c’est votre souhait?
J’ouvre dès aujourd’hui un site (bertranddelanoe.net), sur lequel j’invite les Parisiens à réagir, proposer, dialoguer, y compris entre eux. J’ai besoin de leur influence, pour que le projet 2008-2014 soit conçu collectivement. D’autre part, avant la fin de l’année, je tiendrai une réunion publique ouverte à tous dans chacun des vingt arrondissements. J’y serai largement à l’écoute, comme dans les compte-rendus de mandat que j’ai réalisés tous les ans. Je suis le maire de tous les Parisiens. Je serai aussi un candidat de conviction pour tous les Parisiens. Y compris ceux qui ne votent pas pour moi.

Il s’agit là de «démocratie participative» ?
Cela fait six ans et demi que nous la pratiquons, et nous partions de très loin ! Mais dans ce domaine aussi, Paris doit avoir un temps d’avance. Je proposerai donc un renforcement significatif des budgets des Conseils de quartier et je suis prêt à réserver 25% de l’enveloppe totale des subventions aux maires d’arrondissements. J’entends également donner aux Parisiens les moyens d’influer sur l’ordre du jour des séances du Conseil de Paris.

A Paris, l’automobile sera toujours indésirable ?
Allons !… Je ne suis pas anti-voitures, je suis anti-pollution ! C’est la santé des habitants qui est en jeu. J’assume donc cette politique qui a déjà fait baisser de 9% les émissions de gaz à effet de serre. Pour la prochaine mandature, nous devrons viser 25%. Quant à la pollution de proximité, elle a déjà diminué de 32%, mais c’est insuffisant. Je souhaite que Paris soit la plus performante dans ce combat, afin de devenir la première métropole à respecter strictement les normes européennes dans ce domaine.

Comment comptez-vous vous y prendre ?
Il faut agir sur tous les leviers : prolonger le tramway jusqu’à la porte de la Chapelle, et même jusqu’à la porte d’Asnières, si l’Etat nous épaule, puisque pour l’instant sa contribution est égale à 0. Nous souhaitons également que la fréquence des métros et des bus soit renforcée aux heures de pointe, même si cet objectif engage évidement nos partenaires. Nous avons lancé les voitures en libre-service : nous amplifierons ce dispositif. Vélib’ atteindra son plein régime à la fin de l’année. Et n’oublions pas le transport fluvial: en 2008 sera inaugurée la première ligne de navettes sur la Seine, entre Austerlitz et Maisons-Alfort. A terme, il faut un vrai métro fluvial. Car plus l’offre de déplacement sera diversifiée, moins les usagers seront contraints de recourir à la voiture. Ce volontarisme environnemental s’appliquera aussi au « plan climat » que nous examinerons prochainement ainsi qu’à l’émergence de nouveaux « éco-quartiers », après ceux déjà engagés aux Batignolles ou Gare de Rungis, par exemple.

Vous allez finir par être plus vert que les Verts?
Mes convictions écologistes sont anciennes et fortes, ce qui n’a jamais fait de moi un Vert, notamment parce que j’ai toujours revendiqué une exigence gestionnaire. Ainsi, je suis favorable à une reconquête progressive des voies sur berges, mais conditionnée par une baisse de la circulation dans Paris. Sur cette base, dès la prochaine mandature, nous nous fixons l’objectif d’en reconquérir une partie. Ce site est unique au monde : avec Paris-plages, il est ouvert à tous un mois par an. Bien entendu, ce sera mis en œuvre en concertation avec l’Etat, les riverains et les communes voisines.

Comptez-vous réserver une file sur le périphérique aux taxis et aux bus?
C’est une hypothèse intéressante qui devrait s’appliquer aussi au co-voiturage. Mais là encore, rien ne peut se concevoir sans une réflexion approfondie avec nos voisins et l’Etat, car il s’agit d’un axe majeur au sein de l’agglomération.
Précisément, êtes-vous favorable à la création d’une structure intercommunale, telle que proposée par Nicolas Sarkozy ?
Je n’ai pas attendu son intervention pour restaurer le lien avec les communes de l’agglomération, après des décennies d’arrogance parisienne. Conventions bi-latérales, Conférence métropolitaine, nous avons énormément avancé. Mais je suis favorable à une nouvelle étape. Au lendemain des élections de 2008, en prenant appui sur la légitimité des nouveaux élus, mettons-nous autour de la table. Pour concevoir d’autres outils communs et élaborer un schéma institutionnel. Car Paris est plus grand que Paris. Et la Région Ile-de-France doit jouer un rôle central dans cette future institution. Quant à l’Etat, il devra clarifier ses positions, notamment sur le plan budgétaire.

Il reste très difficile à Paris de se loger…
C’est vrai et c’est pour nous une priorité absolue : pouvoir rester ou s’installer à Paris. Nous avons déjà rattrapé des retards. Nous avions promis 24 500 logements sociaux financés, à comparer aux 9000 de nos prédécesseurs. En mars 2008, nous en aurons finalement financé plus de 30 000 ! Mais il faut aller au-delà. La loi SRU impose aux communes 20 % de logements sociaux en 2020. Je souhaite donner un temps d’avance à Paris, en atteignant cet objectif dès 2014. Je proposerai également un dispositif municipal d’aide à la caution, pour les jeunes ménages qui cherchent à louer.

Allez-vous construire des tours, malgré le véto des Verts ?
Sur cette question, j’ai affronté une coalition de conservateurs de droite et de gauche, ainsi qu’une vraie réticence des Parisiens. Pourtant je pense que, sur un territoire limité à 105 km², quand on a une ambition économique, il faut accepter de dépasser parfois les 37 mètres de hauteur, aux portes de Paris et avec de vraies exigences écologiques et architecturales. Je ferai d’ailleurs en sorte que ce débat se clarifie au cours des sept mois qui nous séparent de l’élection…

Paris pourrait mieux faire en matière de nouvelles technologies…
Avec 400 points wifi gratuits dès ce moi-ci, Paris est déjà très bien placée dans la compétition mondiale. Mais notre objectif est de couvrir la totalité du territoire parisien en très haut débit, dès 2012, ce qui concerne autant les particuliers que les entreprises. Paris prendrait alors le leadership mondial.
A Paris, le chômage reste plus important que dans l’ensemble de la France…

Depuis quatre ans, le chômage a baissé de 28% à Paris, contre seulement 18% sur le plan national. En 2003, le taux de chômage parisien se situait 1,7 point au-dessus du taux national. Aujourd’hui, l’écart n’est plus que de 0,3 points. Avec un solde net de 130 000 créations d’entreprise, nous sommes sur la bonne voie. Mon ambition est donc d’installer durablement le taux de chômage parisien en dessous du niveau national.

Pourquoi allez-vous cette fois augmenter les impôts ?
Je suis le premier maire de Paris qui n’aura pas augmenté les impôts de toute la mandature, contrairement à mes prédécesseurs. Les impôts à Paris restent plus faibles que dans les autres villes de France. Comparez, à logement équivalent, avec Bordeaux, Marseille ou Toulouse. Au service d’une nouvelle dynamique urbaine, nous prévoyons donc une augmentation très modérée de la fiscalité qui, je m’y engage, sera strictement limitée aux deux premières années.

Est-il possible d’être maire de Paris à temps plein en continuant à jouer un rôle politique majeur sur le plan national?
En démissionnant du Sénat dès mon élection à la mairie de Paris, je me suis appliqué le mandat unique. Si je suis candidat, c’est pour être à nouveau maire de Paris à 100%. Mais je ne vois pas pourquoi cela m’interdirait de prendre part au débat national, de m’intéresser aux grands enjeux de notre société.

Si vous êtes réélu, vous ne serez donc jamais candidat au poste de Premier secrétaire du PS?
Cette question n’est pas d’actualité. Réélu demain, je ferai, je le répète, mon travail de maire à 100%. J’ai installé ma relation avec les Parisiens dans la loyauté. Ce sera toujours le cas.

Continuerez-vous à tolérer chez vos amis le cumul des mandats ?
Ce que je recommande c’est de limiter au maximum le cumul des mandats, sauf raisons locales qui le justifieraient.

Vos relations avec Nicolas Sarkozy sont-elles bonnes ?
Je respecte le Président de la République. Il est légitime. Nos rapports sont cordiaux. Mais il ne peut pas y avoir de confusion puisqu’il est le leader de la droite et que je suis un citoyen de gauche. Il n’y a pas besoin d’arrangements politiciens pour faire du bon travail, de manière pragmatique, sincère, en restant fidèle à ses valeurs.

Paris, ville moderne, on le dit souvent, mais on dit aussi: Paris, ville furieusement bourgeoise!
Ce n’est pas juste. 72% des ménages parisiens sont éligibles à un logement social : c’est cela votre « ville bourgeoise » ? Paris se sent liée au destin des collectivités qui l’entourent et avec lesquelles elle conduit de nombreux projets, par exemple d’aménagement urbain avec St Ouen. Et sans sectarisme. Ainsi, au dernier Conseil de Paris, j’ai fait voter 8,5 millions d’euros pour le tramway d’Issy-les-Moulineaux, parce que notre avenir est commun. Paris n’est ni égoïste, ni fermée. Au contraire, sa richesse, c’est sa diversité et son ouverture aux autres.

Propos recueillis par Maguelone Bonnaud, Martine Chevalet, Dominique de Montvalon et Sébastien Ramnoux


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