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Plus de taxi à Paris

Mardi, décembre 9th, 2008

Les élus du Parti Radical de Gauche (PRG) au Conseil de Paris constatent qu’un certain nombre de leurs suggestions récurrentes adressées à la Préfecture de Police de Paris depuis 2001 ont été reprises par la Ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie. Les élus Parisiens ont finalement été confrontés à l’annonce unilatérale par la préfecture de Police de l’élaboration d’un protocole d’accord signé entre le seul Ministère et les professionnels de taxi. Cet accord est nettement insuffisant et pas à la hauteur des attentes des usagers.

Si l’objet du protocole conclu tend à reprendre un certain nombre d’avancées réclamées par le PRG-Paris (l’amélioration de la qualité des services rendus à la clientèle, la rénovation des conditions d’accès à la profession de taxis, l’augmentation du nombre de licences disponibles, la clarification du champ d’application des activités des taxis et des autres acteurs du transport particulier de personnes), il s’avère que l’outil de concertation entre les divers acteurs impliqués n’existe toujours pas et n’est pas proposé.

Les élus du PRG-Paris réitèrent donc leur demande de création d’un tel outil de gouvernance, préalable nécessaire à toute volonté affichée de réglementer les diverses difficultés rencontrées par les professionnels du secteur, les Parisiens, la préfecture et la municipalité. Ils rappellent que parmi les premiers sujets devant être abordés par cet outil de concertation demeurent encore nombre des propositions des radicaux de gauche: la demande d’une couleur unique pour l’ensemble des taxis afin d’en améliorer la localisation, la création d’un statut de taxi temporaire pour pallier aux manques les soirs de week-end ,la refonte du lumineux pour une meilleure visibilité, la qualité de l’accueil des touristes et notamment la question de la pratique des langues étrangères pour les chauffeurs, la connaissance de l’offre touristique et des événements que propose la Capitale, toujours dans l’optique de d’amélioration de la qualité de notre offre et de notre accueil, enfin, la création d’un ticket- taxi , s’inspirant du modèle du ticket restaurant pour les salariés et qui serait cofinancé par l’employeur, pouvant se voir proposer en contrepartie une réduction de la taxe professionnelle.

Les radicaux disent à l’Etat : encore un effort. Nous voulons plus de taxis à Paris et une vraie gouvernance de ceux-ci.

Communiqué de presse du PRG Paris

Quand Delanoë joue la carte du communautarisme

Dimanche, octobre 12th, 2008

Un article diffusé sur marianne.fr au sujet de l’action du PRG au conseil de Paris

Accusée de favoriser le communautarisme, l’équipe Delanoë justifie ses choix par les pénuries d’équipement (crèches, salles de prières). Une politique appréciée par l’UMP qui y voit une application de la laïcité positive sarkozyienne.

 

A la mairie de Paris, les laïcs de gauche ne sont pas en odeur de sainteté. Lundi 29 septembre, la question des subventions accordées aux crèches juives orthodoxes (loubavitch) a divisé la majorité, réveillant une vieille opposition interne. Mais cette fois-ci, les radicaux de gauche, à la pointe de la critique, ont décidé d’y mettre les formes en émettant un voeu pour lancer la réflexion sur la création d’un « Observatoire de la laïcité à Paris ». Président du groupe socialiste, Jean-Pierre Caffet reste perplexe : « J’ai appris cette initiative en lisant Le Parisien : apparemment, il y aurait un problème de laïcité à Paris, s’étonne-t-il. Pour la première fois depuis sept ans, un voeu a été déposé pour faire le point sur ces subventions. En attendant, les subventions pour 2009 seront versées comme chaque année.»

Comme Nicolas Sarkozy

Petite victoire pour le PRG : un groupe de travail a été voté pour réfléchir à la mise en place de cet observatoire. Une concession qui ne rassure pas Gilles Alayrac, élu radical à la manoeuvre sur ce dossier : « Le maire a une conception de la laïcité qui consiste à faciliter l’exercice des cultes avec les deniers publics, s’inquiète-t-il. Avec les Verts et le PCF, nous avions demandé à limiter le dispositif d’accueil du Pape, nous nous sommes opposés à ce que le Dalaï Lama soit fait citoyen d’honneur… Mais c’est le maire qui s’occupe directement des affaires cultuelles et il ne veut pas que son action soit surveillée à ce niveau là, comme Nicolas Sarkozy. »

Sur la question des crèches, certains élus inquiets de la « laïcité positive » prônée par Bertrand Delanoë assurent que la plupart des conseillers de Paris de la majorité de gauche n’osent « pas bouger une oreille » pour ne pas vexer le maire. Et ce pour la plus grande satisfaction de l’UMP locale : « Ce sont des querelles idéologiques, lance un conseiller du nord de Paris. Nous sommes dans une situation de flux tendu au niveau des crèches, il faut être pragmatique et arrêter d’instrumentaliser telle ou telle subvention », juge-t-il avant de se féliciter que Delanoë se soit « sarkozysé » sur la question de la laïcité.

Instrumentalisation
de la pénurie
L’argument
du manque de places de crèche est dans toutes les bouches. « Introduire cette question dans le débat brouille complètement le message, tranche Jacques Bouteau, maire Vert du 2è arrondissement. On ne peut pas financer des crèches qui sont fermées à des enfants selon des critères religieux ou bien qui séparent les filles et les garçons : les deniers publics ne doivent aller qu’à des organismes respectueux des valeurs républicaines ! »

Contesté par les écologistes, les communistes et les radicaux, le maire du 18e arrondissement, Daniel Vaillant (proche de Delanoë) a ainsi récupéré 6 votes de l’UMP sur cet argument pour maintenir la subvention de la crèche du rabin orthodoxe Pezner. Situées dans des quartiers fortement communautarisés des arrondissements du nord-est de la capitale, les crèches loubavitch se maintiennent sans se soumettre aux commissions d’attribution des places de crèches et refusent systématiquement les enfants dont les parents n’appartiennent pas à cette branche du judaïsme : « Quand on appelle ces crèches pour savoir s’il y a des places, elles sont toujours pleines ! constate Dominique Calandra, maire du 20e, qui a obtenu l’unanimité de son conseil d’arrondissement pour suspendre les subventions à deux établissements loubavitch. Je comprends le souci du maire car on gère la pénurie mais il existe une convention qui implique que les enfants puissent être accueillis sans aucune distinction, ce qui n’est pas le cas. »

La Goutte d’Or : zone d’expérimentation du communautarisme municipal ?
Gênés aux entournures par cette question des subventions, les partisans du maire aiment à rappeler qu’elles datent pour la plupart de l’ère Chirac. « C’est une joyeuse hypocrisie », concède une élue soulignant que, sans aide de la mairie, ces établissements ne pourraient survivre et que la création et l’entretien de crèches publiques et laïques sous forme associative coûteraient à peine plus cher.

Première adjointe de Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo nie en bloc toutes les accusations de communautarisme : « les enfants non loubavitch sont accueillis dans les crèches loubavitch, soutient-elle. Pour nous il s’agit d’un problème de droit : comment accueillir plus de 1000 petits Parisiens aujourd’hui ? Nous le résolvons dans la plus stricte application de la loi de 1905. » Et l’adjointe à l’urbanisme et à l’architecture d’exposer le « rapport de neutralité » qui régit les décisions municipales : « on nous a reproché de prêter un gymnase à des musulmans mais nous l’avons également fait pour des organisations juives. Et quand le Pape est venu et que les libres penseurs ont demandé un local, nous leur avons prêté le gymnase Japy. »

Un argument un peu spécieux : la mairie ne jouerait pas la carte du communautarisme car elle mettrait ses équipements à disposition de n’importe quel culte ? Dernier exemple en date, la question de la Maison des cultures d’Islam pose problème : situé dans le quartier populaire de la Goutte d’or, le bâtiment aurait vocation à accueillir des prieurs musulmans le vendredi. « Je préfère ça aux mosquées dans les caves », soutient Jean-Pierre Caffet. A deux pas du lieu pressenti pour construire cet édifice, la mairie a préempté le cinéma historique Le Louxor pour en faire… un cinéma des cultures d’Islam ! Dans un quartier sous-équipé, l’idée relève plus de la lubie bobo que du service public. « Nous n’avons pas encore d’horaires pour les femmes dans les piscines, ni de menu fait selon les exigences religieuses », tonne Anne Hidalgo. Une élue inquiète temporise : « c’est juste une question de temps. »

 

Vendredi 10 Octobre 2008 – 08:28

Sylvain Lapoix

Intervention sur l’attribution de subventions à des crèches confessionnelles.

Mardi, septembre 30th, 2008

La position du Parti Radical de Gauche sur le financement des établissements confessionnels à caractère communautariste a déjà été exprimée dans cette enceinte lors de la mandature précédente. Elle est constante.

                                                  

Aujourd’hui encore, les élus radicaux, comme ils l’ont fait dans les arrondissements voteront contre les subventions à ces structures.

 

S’agit-il d’une hostilité de principe à un financement public de ce secteur au motif qu’il serait confessionnel ?

 

La réponse est non.

Nous ne nous laisserons pas enfermer dans un angle mort nous laissant présenter comme une formation politique à la vision passéiste voire intégriste de la laïcité.

 

 

Non, nous ne sommes pas les ringards de la laïcité contre les tenants de la pseudo laïcité positive.

 

Justement ce terme de « laïcité positive » est tout de même d’une belle habilité rhétorique.

La laïcité positive, on a l’impression que c’est la même chose que la laïcité mais en mieux. En réalité  cette expression vide le concept de laïcité de sons sens puisque sa définition serait alors forcement minimaliste et négative.

 

Le principe de laïcité impose  un devoir d’abstention de la puissance publique en matière de croyances et d’incroyance.

 

Ceci dit, pour nous, il est possible d’apporter un concours financier public à une structure qui s’affiche confessionnelle si elle rend un service d’intérêt général, un service public, et qu’elle ne valorise pas le communautarisme.

 

Avec les 22 crèches confessionnelles, avec les 3 millions d’Euros que l’on nous invite à voter, c’est tout le contraire.

 

Un service public ?sûrement pas.

 

Ces crèches n’accueillent pas tous les enfants domiciliés à Paris sans distinction de leurs appartenances religieuses.

 

Elles ne participent pas aux commissions d’attributions des places en mairies d’arrondissement. Elles n’ouvrent pas durant la totalité des jours ouvrables puisqu’elles ferment au moment des fêtes juives.

Elles ne répondent donc, ni à l’impératif d’universalisme, ni à l’impératif de continuité du service public.

 

Enfin, pour terminer, ces établissements affichent et revendiquent un net caractère communautariste. Si on doit respecter le libre choix des parents de faire grandir leurs enfants dans une ambiance communautariste.Il est de notre devoir de ne pas encourager ce repli sur soi par un financement public.

 

Jusqu’où peut-on revendiquer son identité sans tomber sur le repli identitaire ?

 

Le communautarisme est un danger.

Grandir dans l’ignorance du monde qui vous entoure, c’est la porte ouverte à la bêtise, aux préjugés et à l’intolérance.

 

Nous exprimons ici une conviction profonde et nous demandons qu’elle soit respectée si elle n’est pas partagée.

 

Mais les radicaux sont ouverts au dialogue sur cette question.

 

Tel a été le sens du vœu présenté par Laurence Goldgrab en faveur d’un Observatoire de la laïcité. Tel sera le sens de notre vote favorable au vœu de l’exécutif qui annonce une remise à plat du partenariat de la Ville avec les établissements de petite enfance.

 

Un tel effort ne peut alors que recueillir nos encouragements.

 

Gilles Alayrac. Conseiller de Paris PRG.

Séance du 29 septembre 2008.

Intervention relative au vœu proposant la création d’un groupe de travail pour la mise en place d’un Observatoire parisien de la laïcité

Mardi, septembre 30th, 2008

Le principe de laïcité, tel qu’il fut énoncé dans l’article 10 de la déclaration des droits de l’homme de 1789 se veut le garant de la liberté de conscience et de l’égalité des droits de tous les citoyens.

 

Toutes les opinions religieuses, philosophiques ou politiques sont permises avec pour seule limite le respect de l’ordre public.

La loi de 1905, relative à la séparation de l’Eglise et de l’Etat garantit la neutralité des institutions publiques par rapport aux pouvoirs spirituels et religieux.

Le principe en est simple : l’Etat n’intervient pas dans la religion pas plus que la religion n’intervient dans le fonctionnement de l’Etat.

 

Mais la laïcité n’est pas limitée aux affaires religieuses :

-          c’est l’attitude d’esprit qui permet de vivre ensemble

-          c’est le contraire du repliement sur soi

-          c’est le respect de l’indépendance et de toutes les diversités culturelles notamment mais dans un rapport ouvert à autrui.

 

La laïcité est le rempart contre le communautarisme mais s’oppose également à l’uniformisation et au formatage des idées.

C’est pourquoi la laïcité est un concept éminemment moderne. Des voix de plus en plus nombreuses souhaitent lui conférer une valeur universelle applicable à toutes les démocraties.

Néanmoins sa mise en pratique dans la conduite des affaires locales pose question.

 

Le Conseil de Paris est confronté de manière récurrente à des demandes d’autorisations diverses, de mises à disposition de lieux et de financements publics émanant des communautés religieuses, notamment des crèches, des écoles et des lieux de cultes.

 

Considérant l’accroissement constant de ce type de demandes et la nécessité pour la collectivité locale de réfléchir à des solutions pérennes, équilibrées et respectueuses de l’esprit de la Constitution et des lois en vigueur dans notre pays,

 

Considérant l’enjeu central que représente aujourd’hui la protection du principe de laïcité, valeur fondatrice de notre identité Républicaine et seul garant d’un vivre ensemble respectueux de tous,

 

Avec Jean-Bernard Bros et Gilles Alayrac nous émettons le vœu que soit mis en place un groupe de travail chargé de réfléchir à la création d’un Observatoire parisien de la laïcité qui aura pour mission, de donner des avis sur tous les types de sujets ayant trait à l’application de la loi de 1905 dans la capitale et ainsi de faire des propositions quant à son application locale.

 

Laurence Goldgrab

lundi 29 septembre 2008