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Intervention sur l’attribution de subventions à des crèches confessionnelles.

Mardi, septembre 30th, 2008

La position du Parti Radical de Gauche sur le financement des établissements confessionnels à caractère communautariste a déjà été exprimée dans cette enceinte lors de la mandature précédente. Elle est constante.

                                                  

Aujourd’hui encore, les élus radicaux, comme ils l’ont fait dans les arrondissements voteront contre les subventions à ces structures.

 

S’agit-il d’une hostilité de principe à un financement public de ce secteur au motif qu’il serait confessionnel ?

 

La réponse est non.

Nous ne nous laisserons pas enfermer dans un angle mort nous laissant présenter comme une formation politique à la vision passéiste voire intégriste de la laïcité.

 

 

Non, nous ne sommes pas les ringards de la laïcité contre les tenants de la pseudo laïcité positive.

 

Justement ce terme de « laïcité positive » est tout de même d’une belle habilité rhétorique.

La laïcité positive, on a l’impression que c’est la même chose que la laïcité mais en mieux. En réalité  cette expression vide le concept de laïcité de sons sens puisque sa définition serait alors forcement minimaliste et négative.

 

Le principe de laïcité impose  un devoir d’abstention de la puissance publique en matière de croyances et d’incroyance.

 

Ceci dit, pour nous, il est possible d’apporter un concours financier public à une structure qui s’affiche confessionnelle si elle rend un service d’intérêt général, un service public, et qu’elle ne valorise pas le communautarisme.

 

Avec les 22 crèches confessionnelles, avec les 3 millions d’Euros que l’on nous invite à voter, c’est tout le contraire.

 

Un service public ?sûrement pas.

 

Ces crèches n’accueillent pas tous les enfants domiciliés à Paris sans distinction de leurs appartenances religieuses.

 

Elles ne participent pas aux commissions d’attributions des places en mairies d’arrondissement. Elles n’ouvrent pas durant la totalité des jours ouvrables puisqu’elles ferment au moment des fêtes juives.

Elles ne répondent donc, ni à l’impératif d’universalisme, ni à l’impératif de continuité du service public.

 

Enfin, pour terminer, ces établissements affichent et revendiquent un net caractère communautariste. Si on doit respecter le libre choix des parents de faire grandir leurs enfants dans une ambiance communautariste.Il est de notre devoir de ne pas encourager ce repli sur soi par un financement public.

 

Jusqu’où peut-on revendiquer son identité sans tomber sur le repli identitaire ?

 

Le communautarisme est un danger.

Grandir dans l’ignorance du monde qui vous entoure, c’est la porte ouverte à la bêtise, aux préjugés et à l’intolérance.

 

Nous exprimons ici une conviction profonde et nous demandons qu’elle soit respectée si elle n’est pas partagée.

 

Mais les radicaux sont ouverts au dialogue sur cette question.

 

Tel a été le sens du vœu présenté par Laurence Goldgrab en faveur d’un Observatoire de la laïcité. Tel sera le sens de notre vote favorable au vœu de l’exécutif qui annonce une remise à plat du partenariat de la Ville avec les établissements de petite enfance.

 

Un tel effort ne peut alors que recueillir nos encouragements.

 

Gilles Alayrac. Conseiller de Paris PRG.

Séance du 29 septembre 2008.

Intervention relative au vœu proposant la création d’un groupe de travail pour la mise en place d’un Observatoire parisien de la laïcité

Mardi, septembre 30th, 2008

Le principe de laïcité, tel qu’il fut énoncé dans l’article 10 de la déclaration des droits de l’homme de 1789 se veut le garant de la liberté de conscience et de l’égalité des droits de tous les citoyens.

 

Toutes les opinions religieuses, philosophiques ou politiques sont permises avec pour seule limite le respect de l’ordre public.

La loi de 1905, relative à la séparation de l’Eglise et de l’Etat garantit la neutralité des institutions publiques par rapport aux pouvoirs spirituels et religieux.

Le principe en est simple : l’Etat n’intervient pas dans la religion pas plus que la religion n’intervient dans le fonctionnement de l’Etat.

 

Mais la laïcité n’est pas limitée aux affaires religieuses :

-          c’est l’attitude d’esprit qui permet de vivre ensemble

-          c’est le contraire du repliement sur soi

-          c’est le respect de l’indépendance et de toutes les diversités culturelles notamment mais dans un rapport ouvert à autrui.

 

La laïcité est le rempart contre le communautarisme mais s’oppose également à l’uniformisation et au formatage des idées.

C’est pourquoi la laïcité est un concept éminemment moderne. Des voix de plus en plus nombreuses souhaitent lui conférer une valeur universelle applicable à toutes les démocraties.

Néanmoins sa mise en pratique dans la conduite des affaires locales pose question.

 

Le Conseil de Paris est confronté de manière récurrente à des demandes d’autorisations diverses, de mises à disposition de lieux et de financements publics émanant des communautés religieuses, notamment des crèches, des écoles et des lieux de cultes.

 

Considérant l’accroissement constant de ce type de demandes et la nécessité pour la collectivité locale de réfléchir à des solutions pérennes, équilibrées et respectueuses de l’esprit de la Constitution et des lois en vigueur dans notre pays,

 

Considérant l’enjeu central que représente aujourd’hui la protection du principe de laïcité, valeur fondatrice de notre identité Républicaine et seul garant d’un vivre ensemble respectueux de tous,

 

Avec Jean-Bernard Bros et Gilles Alayrac nous émettons le vœu que soit mis en place un groupe de travail chargé de réfléchir à la création d’un Observatoire parisien de la laïcité qui aura pour mission, de donner des avis sur tous les types de sujets ayant trait à l’application de la loi de 1905 dans la capitale et ainsi de faire des propositions quant à son application locale.

 

Laurence Goldgrab

lundi 29 septembre 2008